Alors, comment ça crise, aujourd'hui?
...ou comment garder le cap sur l'essentiel?

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07 Juin 2009

Cher(e)s Ami(e)s

A nouveau le moment de vous faire part de quelques nouvelles sur mon activité, et de quelques réflexions.

Les nouvelles en ce qui concerne le Métasystème Coaching Academy sont courtes:

Un atelier Breakthrough à ne pas rater juste avant l'été, pour bien préparer votre rentrée: Les 2 et 3 Juillet à Paris. En phase avec les réflexions sur la crise, présentées un peu plus loin sur cette lettre, cet atelier aborde le côté pratique du coaching d'équipe et d'organisations, lorsqu'il devient impératif pour nos clients de réfléchir autrement.

Un cycle sur les Fondamentaux du Coaching va démarrer en octobre.  Ce cycle centré sur l'acquisition de la véritable maitrise du métier devient un incontournable pour coachs confirmés et débutants. En plus, il est meilleur à chaque fois.  C'est un creuset d'apprentissage sur le métier de coach qui dépasse l'engagement de chaque promotion.

En teasing, mais sans vous en dire plus, les ateliers avancés Métacoachs vont s'étoffer d'un (ou deux) module(s) supplémentaire(s) prochainement.  Restez branchés sur le site metasysteme pour en savoir plus.

Sur ce site, il y a aussi de nouveaux articles, dont un sur l'écoute du coach.  Encore en cours de réflexion.  Pas facile d'écrire sur ce qui se passe quand nous faisons le vide et  accueillons notre silence face au client.

Sinon, vous savez que mon dernier livre est sorti.  J'espère que vous l'apprécierez.

Voilà, c'est tout.  Mais vous pouvez quand même en parler autour de vous, pour m'aider à assurer une bonne diffusion de mon offre de formation de coach et des textes que je partage sur les compétences de coachs.  Merci d'avance.

Et que dire (encore!) à propos de la crise?

« Alors, comment ça crise, aujourd’hui ? »  En voila une bonne introduction de discussion de salon.  Quotidiennement, en effet, les commentaires sur la crise occupent nos échanges sociaux.  Chacun donne son avis et connais souvent par avance celui de l’autre. Les discussions sur le sujet sont devenues de véritables passe-temps, sinon des rituels matinaux prévisibles, souvent dignes du comptoir du café du coin.

Notez qu’avec la notion de crise vient habituellement la perspective qu’il s’agit d’un phénomène passager.  Même si la crise actuelle durera un peu trop longtemps au goût de chacun, il est entendu que lorsqu’elle sera terminée, nous pourrons tous reprendre nos bonnes et mauvaises habitudes et revenir à nos vies normales.

Parler de la crise sert souvent à se rassurer. Nous cherchons à confirmer que c’est un phénomène passager et foncièrement superficiel.  Nous ne serons pas obligés de vraiment changer.  Il nous suffit d’être patients et de faire preuve de résilience.  Quelques futurologues avertis annoncent même le bout du tunnel pour la fin 2010.  Dans plus ou moins un an, nous serons tirés d’affaires.  Tout cela nous est finalement bien rassurant.

Pour beaucoup de coachs et de formateurs, le ralentissement d’activité peut aussi contribuer à adopter une perspective similaire.  Nous pouvons subir à court terme les effets que le contexte économique mondial impose à nos clients.  Mais attention.  Gardons notre perspective de coach !

Dans de nombreuses entreprises, à défaut de stratégie à plus long terme, le concept de crise suscite généralement des réactions simples: Il suffit de se recentrer sur son cœur de métier, de faire baisser les stocks inutiles, de couper toutes dépenses non productives, de radicalement réduire l’organisation pour en limiter les coûts de personnel.   Ensuite, il nous suffit d’attendre de meilleurs jours pour se refaire, et continuer comme avant.  Avec un peu de recul, ces actions correspondent à une somme de simples réflexes primaires et défensifs érigée en stratégie.

Mais nous ne sommes pas en crise Nous sommes plutôt au début d’un réajustement profond au sein d’une transition de société aussi radicale qu’elle sera permanente.

Imaginons que la croissance industrielle exponentielle soit devenue un modèle obsolète pour la planète.  Supposons qu’à commencer par l’occident, le monde de la ménagère de cinquante ans s’assagisse enfin.  Faisons l’hypothèse que la consommation effrénée des ménages ne reprenne pas, que la publicité sexy et que les grandes marques ne fassent plus vendre, que les grosses voitures ne fassent plus rêver, que la vie dans un quatre étoile devienne synonyme d’ennui, que la nourriture simple, bio et pas chère se mette subitement à nous combler de bonheur.

Et si subitement dans l’esprit des consommateurs, moins commençait à être synonyme de mieux ?  Imaginons que l’avenir économique repose plutôt sur une décroissance soutenue, bien assise sur de nouvelles bases dont les prémisses sont aujourd’hui encore très peu perceptibles.  Cela n’est pas un scénario impossible.  Il devient même impératif.

Pour les personnes et organisations clientes, il est peut être urgent de revoir les stratégies attentistes.  Plutôt que de se serrer la ceinture et d’attendre patiemment Godot, il leur serait peut-être judicieux de visualiser le monde de demain et de rapidement s'investir pour s’y préparer.  En effet, si nos clients pensent que l’avenir ne sera plus une continuation du passé, quelques stratégies et décisions radicales par leur différence s’imposent à la fois pour les individus comme pour les entreprises.

Pour que nos clients se préparent à une transition profonde de société, il ne leur suffit plus de prendre des décisions financières évidentes, et puis d’attendre.  Il leur faut aussi devenir visionnaire.  Il leur devient nécessaire de préparer l’avenir en investissant autrement, dans des directions nouvelles et prometteuses.  Pour préparer l’avenir, if leur faut déjà élargir leurs perspectives, changer leurs cadre de référence.

Pour nos entreprises clientes, un certain nombre de questions pourraient se poser.  Au niveau mondial, quelles seront les nouvelles valeurs de l’avenir ?  Quelle en sera la nouvelle éthique ? Quels seront les nouveaux cadres de référence majoritaires ?  Quels seront les changements d’attitudes et de comportements nécessaires pour s’adapter à ce nouvel environnement planétaire?  Quels seront les nouveaux produits et services pertinents, (et lesquels deviendront rapidement obsolètes) ? Comment changer tout de suite pour être parmi les précurseurs, les modèles ?  Comment attirer, et surtout garder le personnel dont nous aurons besoin ? Comment, en deux mots, reprendre l’initiative de l’avenir, plutôt que de simplement subir la crise, symptôme alarmant, résultat du passé ?

Si certaines de ces questions semblent radicales, elles sont aujourd’hui celles que se posent de nombreuses personnes et entreprises.  Il est étonnant de constater qu’en pleine période de déprime, de nombreuses organisations investissent.  Elles perçoivent qu’il est urgent de se redéfinir, de se reconfigurer, de se réinventer, de se redéployer.

Or cette dynamique de préparation d’un avenir radicalement différent suppose une réelle mobilisation du personnel, une réflexion voire une recherche concertée, une réelle remise en question collective, puis une motivation de mise en œuvre soutenue par l’ensemble des troupes. 

Cela peut paraître aux antipodes de la dynamique de nombreuses entreprises dans le contexte actuel.  Il est difficile en effet de simplement se serrer la ceinture avec une stratégie défensive, et en même temps espérer mobiliser ses troupes. Au sein de nombreuses organisations, les réactions primaires à la crise font souvent que le contrat social entre la direction et le personnel soit rompu.  Le personnel n’est plus engagé, le management a perdu sa boussole. La crise financière, devenue économique, devient rapidement sociale.

Or aujourd’hui déjà, il n’est plus possible de préserver l’illusion que le succès d’une organisation repose sur les décisions éclairées d’un seul PDG.  Pour se remodeler, faire face aux transitions en cours et assurer leur avenir, l’ensemble des acteurs professionnels doivent se mobiliser.  L’avenir ne repose pas que sur de nouvelles façons de faire mais aussi sur une nouvelle façon d’être, individuellement et collectivement.  L’heure est à une nouvelle forme d’écoute, de présence, d’humilité et de respect.  Coach ou client, nous sommes tous concernés par la transformation qui s’annonce.  Et elle sera permanente.

Avec de nouvelles priorités, il faut apprendre de nouvelles compétences.  La mobilisation collective devient urgente.  Pour remplacer l’individualisme du passé récent, la concertation et collaboration efficace deviennent des valeurs émergentes.  La compétition effrénée qui aboutit à ce que l’environnement finisse par payer nos succès à court terme n’est plus de mise.  Les valeurs centrées sur une éthique durable deviennent un ciment social incontournable.

Les professionnels de la formation et du conseil doivent aussi se repositionner.  Les programmes lourds centrés sur des approches standardisées et égocentriques reposant sur des principes leader-chics sont annulés.  L’heure est aux changements mesurables de comportements vers plus d’écoute, plus de respect, plus de collaboration, plus d’efficacité collective, plus de présence à l’autre et à l’environnement.

Il est intéressant de constater aussi que l’essor du coaching est totalement en phase avec la période de transition actuelle.  Les coachs compétents sont subitement submergés par la demande.  Cette tendance actuelle est peut-être aussi un indicateur important de la période que nous vivons.  En aidant leurs clients à se poser des questions essentielles, les professionnels du métier ne cherchent pas tant à augmenter leur confort immédiat mais plutôt à accompagner des transitions bien plus fondamentales.  Le métier de coach s’inscrit réellement dans une perspective de développement durable.

N'oubliez pas, une fois de plus, de participer à l'atelier "Breakthrough" début Juillet.  Incontournable pour s'entrainer à réfléchir autrement, et accompagner les client dans un vrai changement de perspective.

N'oubliez pas non plus de bien vous préparer à passer de très bonnes vacances.  Ca aussi, c'est incontournable.

Amicalement,

Alain